Créé en 2004, le label « Eco-Jem » est encore sous-emballage

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La stratégie algérienne de gestion des déchets n’a pas dépassé le seuil de la législation. Le tri sélectif et le recyclage ce n’est pas pour demain. Explications…
Un logo choisi parmi une dizaine d’autres.

L’Algérie pourrait économiser des centaines de millions de dollars par an si un système de récupération/recyclage était mis en place. En fait, l’Algérie pourrait faire d’énormes progrès dans le secteur de l’environnement si les lois, les décrets et les décisions étaient suivis par des actes. La mort dans l’œuf du projet « Eco-Jem » en est une parfaite illustration. Créé par décret, il y a près de neuf ans, le « système public de traitement et de valorisation des déchets d’emballages «Eco-Jem» » n’a pas vu le jour depuis. «Eco-Jem» est l’équivalent des écolabels européens, la « Fleur » et l’Anneau de Mœbius, et français « Eco-Emballage ». Là s’arrête la comparaison. Car si ces écolabels sont opérationnels, «Eco-Jem» ne l’est malheureusement pas encore. Ce système, de « reprise et de valorisation des déchets d’emballages » a pour objet d’organiser la récupération et le traitement des déchets d’emballages. C’est l’Agence nationale des déchets (AND) qui a été chargée de le mettre en place « à travers des contrats de service pour la collecte, le tri et la valorisation des déchets ». Le système, comme l’explique les textes de l’AND, « est organisé en réseaux spécifiques de récupération et de valorisation par catégorie de matériau ».

Une déclinaison était prévue pour les véhicules.

Faire adhérer les entreprises

C’est le décret exécutif n°04-199 du 19 juillet 2004 qui a fixé les « modalités de création, d’organisation, de fonctionnement et de financement du système public de traitement et de valorisation des déchets d’emballages «Eco-Jem» ». Il s’agit de réduire la mise en décharge de déchets d’emballages, comme le verre, le plastique, le papier et carton, ainsi que les métaux dont l’aluminium (canettes…), à travers un circuit récupération/recyclage/valorisation. L’idée de départ était de faire adhérer les entreprises productrices de déchets à travers le « paiement d’une contribution financière » qui leur accorde le droit « d’utiliser le logo «Eco-Jem» » sur leurs emballages. Ce logo « signifie que l’entreprise adhérente contribue financièrement à la reprise et à la valorisation de ses emballages ». Le système Eco-Jem est « mis en place au sein de l’agence nationale des déchets » (AND). C’est à celle-ci qu’a été confiée la mission de lancer Eco-Jem en faisant adhérer générateurs d’emballages, y compris les importateurs. Ces derniers sont théoriquement tenus pour « responsables des emballages de produits qu’ils importent de l’étranger, quel que soit le pays et qu’ils mettent sur le marché algérien », selon l’AND. En y adhérant, les producteurs d’emballages « transfèrent » leur obligation légale au système Eco-Jem dans le cas où ils sont « dans l’incapacité d’assurer » par eux-mêmes « la valorisation de leurs déchets ou de confier cette mission à une entreprise agréée ». En échange, de son adhésion et de sa contribution, « le générateur de déchets d’emballages acquiert le droit d’apposer le label Eco-Jem sur ses emballages ».

Voilà à quoi devait rassembler un emballage avec le logo Eco-Jem.

Des opérations pilotes sans suite

A travers le produit financier de ces adhésions, le dispositif « soutient les collectivités locales dans la mise en place du tri sélectif et de la valorisation des déchets d’emballages ménagers et assimilés ». La contribution financière des générateurs d’emballages est calculée « en fonction des quantités de matériaux et de catégories d’emballages commercialisées sur le marché algérien ». Hormis quelques opérations pilotes, le système Eco-Jem n’a pas dépassé le stade du vœu pieux. Quelques « opérations pilotes » de tri devaient été lancées pour préparer sont lancement. L’AND a choisi cinq villes (Staoueli, Annaba, Tlemcen, Djelfa, et Ghardaïa) pour expérimenter « un nouveau mode de collecte des déchets qui repose sur des études techniques réalisées pour chaque ville ». Les déchets devaient êtres triés. Un bac vert pour les déchets humides (matière organique), un bac bleu pour les déchets secs (emballages) et un autre pour le verre. On n’en sait pas davantage sur ces projets, ni les résultats auxquels ils ont abouti dans les communes où ils ont été expérimentés. Pour avoir perdu neuf années, Eco-Jem est déjà un grand gâchis.

3 Comments

    • Rachda BERRACHED

      Bonjour. Je trouve que c’est une très bonne idée. En réalité, je suis doctorante en ecologie et environnement et je n’ai pas entendu de cette Eco-jem, j’aimerais bien que son responsable nous donne plus d’informations car ça m’intéresse beaucoup. Merci.

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